Hamou , un homme affable déverouille ma pensée.Sa tristesse m'interpelle.Dans ses yeux, s'entassent l'inquiètude.
"Ils sont tous partis , me dit il...Oui, tous partis, tous sortis de la maison, sans ma permission.
Sais-tu que ma femme est morte de chagrin, me répéte-t-il ?
Je n'avais pas de réponse.Nos pensées se croisent.Je souris à mon voisin.
La grande est partie de la maison parce qu'elle étouffait, me dit-il.Elle voulait faire sa vie par elle même, mais c'est ma faute , mon frère , c'est ma faute..Je n'aurais jamais du sortir de mon terroir..
Ce pays avale les cultures et les traditions et l'autorité parentale, le respect des parents n'est que chose subsidiaire..
Mon fils est aussi parti, tiré par le cou , tel un chien docile et je n'ai rien fait mon frère !
Suis-je maudit à ce point ? J'ai demandé à l'imam : pourquoi, en essayant de construire nos enfants, ils se démolissent?
L'imam est un jeune , me dit Hamou.Il ne connait pas les affres de la vie maritale.Je souris..
Hamou enlace mon épaule d'une étreinte sincère.Tu sais m'écouter, me consoler , me dit-il !
Oui, dis-je !
Ma pensée rebrousse son chemin .Les rêves s'écroulent !
Moi aussi , dis-je ! moi aussi :
Vous aussi, quoi me questionne Hamou ?
Les larmes soulèvent la première pierre de mon chagrin .
Hamou poursuit sa décompression :
Ma deuxième fille est partie aussi.Dois-je renier mes filles ?Je ne sais , si elles vivent dans le licite ou dans le péché?
Mon esprit se torture tous les jours et je souris , le soir, à l'idée de me "réveiller" , le matin , reposé, mort et enterré .
Je contemple le visage de mon voisin .Je me vois , le visage creusé, une vie fissurée, des années passée à rêver de faire de mes enfants, la meilleure progéniture.Au moindre altercation, la tendresse s'effritte, les mains se baissent et les mots chargés de maux fusent, m'arrachant de ma vie sybilline..
Tu sais, mon frère , poursuivit Hamou .Je ne levais pas les yeux sur mon père et les seuls fois ou j'ai corrigé l'insolence de mes enfants, les montagnes se sont écroulés et le ciel s'est penché sur ma tête , étalant devant mon corps , de l'ingratitude.De l'amour, j'ai beaucoup donné à mes enfants et c'est en "insultes", en insolence qu'ils me le rendent..Je suis triste mon ami.
Les larmes de mon voisin sillonne ma pensée.Je regarde le ciel et je m'éteins.
Le 04 Juin 2011