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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 20:06

Hamou séche ses larmes

Un quinte emporte ses paroles.Je lui tend un verre d'eau.

 

Des images tristes traversent ma mémoire.Un enchaînement de séquences consacré à l'éducation de mes enfants.

J'en ai vraiment pris soinsAucune ne manquait de quelques choses avant 18 ans, me dit Hamou.

 

Maudit soit celui qui a inventé l'âge de la majorité.

 

A 27 ans , j'étais toujours petit au regard de mes parents.Je me souviens avoir pris deux gifles , trois coups de pieds t en prime , un crachat de mon père.C'est mon père.Cet homme qui a tout fait pour que je ne tombe pas malade, pour que je grandis en bonne santé, pour que je fasse des études, pour que j'arrive à l'âge de la maturité.J'aime mon père.

 

Les larmes noient les joues de Hamou.

 

Cela fait  20 jours que je suis alité et aucun de mes enfants n'a pris le téléphone pour prendre de mes nouvelles.O que je suis triste.O que je regrette d'avoir partagé ma vie avec une épouse, à qui on a pas enseigné le sens du respect des parents, une épouse éduquée par les "Harlequins", une  épouse qui n'a pas de fibre maternelle , une épouse dont le chemin est parsemé de malhonneteté.

 

O que je suis triste.

 

Dans mes prières , j'aurai aimé levé mes mains et maudire cette épouse , lui souhaiter de vivre dans le malheur.

Et je me ravise cher ami.Je suis musulman.

 

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 18:25

 

Une tristesse enveloppe mon corps.

Et traverse mes voeux , une route sinueuse

Mon père est là , devant mes yeux !

Mon père est là, avec moi, assis côte à cote dans la mosquée du prophète.

Mon père est là, avec moi , face au tombeau du prophète.

Mon père est là , avec moi et tous les deux , nous tournons autour de la Kaaba.

Mon père est là , avec moi .Il me regarde , les yeux dans les yeux et me dit :

" Va , tu tomberas dans le feu mais tu ne bruleras pas !

  Va , dans les jours difficiles, appelle moi, je serai là !

 

Je suis toujours l'enfant de mon père malgré tant de chemins sinueux !

 

Que veulent  nos enfants alors ?

 

Etre indépendant !

Avoir de l'argent !

S'exhiber !

S'habiller à moitié nu !

Voyager !

 

Et que restera-t-il alors ?

 

Quand le temps marque ses empreintes

Quand Allah régle son horloge

Quand le livre s'ouvre

 

Et quand il sera tard de semer les regrets !

 

Ce matin , sur Skype , j'ai fais rire mon père , aux éclats !

 

Je lui ai montré mon petit potager

 

A la vue des fêves et des petits pois , des melons et de la courgette , mon père a rit.

 

Et tout simplement , j'étais content de son rire.

 

Demain , pour mon père, je planterai un oranger

 

Et pour ma mère , un citronnier.

 

 

Les Mureaux , le 12 Aout 2013.

 

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 17:05

 

Tu  es venu me souhaiter un Aid Moubarak , me dit Hamou ?

Oui , répondis-je !

 

Hamou baisse ses yeux.Quelques larmes tombent dans la tasse de café.

 

Tu m'as apporté des gâteaux , me dit Hamou.

 

Oui , les gâteaux que tu aimes .Ma femme les a "affectionné" juste pour toi , dis-je .

 

Tu veux toujours écrire ma vie , me questionné Hamou.

 

Oui , dis-je ! Ton vécu est exceptionnel et je tiens à en parler à mes lecteurs.

 

Hamou se redresse

 

J'ai fait un drôle de rêve hier , me dit-il.

 

J'étais enfermé dans une chambre blanche.Mon père est entré le premier, suivi d'un de mes anciens voisins.Un coordonnier , originaire de Blida.Un gentil bonhomme.

Mon père récita un verset coranique.Le voisin me plonge la tête dans un sceau.

J'ai beaucoup vomi.Mon père récitait toujours.

Des clous , des morceaux de métaux , des oeufs , des oignons , des plantes séches , des têtes de serpents sortait de ma gorge.

Le voisin invoquait Dieu

Je te l'avais Hamou ! Tu étais ensorcellé.

Mon père récitait Sourat Youssef.

Mon dernier vomi jonche le sol.

 

Mon rêve est bizarre , me dit Hamou.

 

En effet , dis-je ! Et la suite de ton rêve !

 

Mes rêves n'ont jamais de suite, me répond Hamou.

 

Vos enfants sont passés te voir ?

 

Hamou baisse la tête .

 

Cela fait trois AID SGHIR de suite que je n'ai vu personne.

 

Sybilline vie !

 

Qu'est-ce qui te chagrine le plus , Hamou , dis-je ?

 

Me manque le regard doux de ma tendre épouse.Ma "Khawafa" , comme il me plaît de l'appeler.

 

Hamou se redresse

 

Sais-tu, mon ami , me dit-il !

 

Cela fait plus de trois ans que je me pose toujours les mêmes questions.

 

Suis-je vraiment un mauvais père ?

Qu'ai-je fais à mes enfants pour que l'oubli enveloppe leur mémoire?

Je  souhaite entendre juste une seul réponse.

Qu'ai je fais à mon deuxième enfant pour qu'il plante les graines de sa haine dans mon petit lopin ?

 

Il pleut dans la tasse de café de Hamou des larmes chaudes.

 

Hamou me regarde.Sirote son café larmoyant et me souhaite un Bon Aid Moubarek.

 

Les Mureaux , le 8 Aout 2013.

 

 

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 23:01

Dans cet asile, je suis le seul qui exhibe sa folie.On m'appelle Moha le fou et de jour en jour, la folie gagne mon corps frêle.

 

Cher ami, hier j'ai appris que j'ai vécu vingt deux années avec une femme sans savoir si vraiment son père l'a forcé à se marier avec moi.Dans ma ville , les gens racontent qu son père lui a déchiré ses papiers et l'a contraint à rester en Algérie.

L'a contraint à se marier.Pourtant, je me souviens très bien , cher ami de ce jour .Un jour que j'ai maudit vingt ans après.Ce jour où j'ai demandé à ma future femme si l'on a obligé à se marier, allant jusqu'a prendre sur moi la responsabilité de ne pas commencer ce scénario lugubre.Je lui ai dit ce jour :"si ton père te force au mariage, je renoncerai en prétextant que vous ne me conevenez pas.La réponse était immédiate : Non , mon père ne m'a pas forcé.J veux me marier.Quelle Dérision !

 

L'échec était consommé avant même le début de mon itinéraire.

 

Erreur d'aiguillage qui continue de se profiler pour semer la haîne dans la mémoire des enfants.

 

Une mére sans courage , dont le corps saigne de lacheté, de mépris, de haîne.Une mère sans scripule qui attise le feu et conditionne la mémoire des enfants par des histoires racontées des centaines de fois.Des histoires que les enfants intégrent comme une réalité, comme un vécu.Des histoires comme de la pub qui incite à l'achat et déclenche la consommation impulsive.Un matracage qui engendre des regards de haîne , le manque de respect et un itinéraire parsemé de bétises.

 

Cher ami , je crois au châtiment d'ici bas ..

 

Les Mureaux , le 25 Juin 2013

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 01:14

 

Quand ramasser peut être facile , se baisser devient difficile.Moha tousse.

 

Je tousse ma colère mon frère.Je tousse les circonstances qui ont fait que les rêves se brisent et deviennent un cauchemar à cause d'une erreur de calcul.Le mektoub , dira-t-on poursuit Moha.

 

Le Mektoub sur qui on essuie les erreurs , les oublis , les bétises.

 

Le Mektoub que l'on exhibe quand on sent la braise de l'erreur chauffer le corps.

 

J'ai commis beaucoup d'erreurs , cher ami poursuit Moha.

 

Jeune , je pensais me stabiliser , fonder une famille.

Au gré des vents et tournant le dos aux conseils des personnes expérimentées, mon choix s'est porté vers une jeune fille dont on me décrivit la bravoure du père.A mon époque, cher ami , les familles se mariaient avec les familles.J'ai choisi la bravoure du père que l'on me racontait.Je n'ai pas suivi la réticence de mes parents.

Mon souhait était de fonder un nid nouveau , bâti sur la compréhension , sur le niveau de culture.J'avais tort.

Bon nombre de ma famille pensait que le choix de ma future épouse était basé sur ma future installation en France.

Moha compte quitter l'Algérie  , disait-on.Ils se trompaient.Mon choix d'épouser une fille née en France partait du principe "stéréotypé" bien sûr que les filles née en Europe étaient culturellement beaucoup plus apte à donner du sens à la vie maritale.J'ai occulté le sens des réalités , cher ami.

Moha se tait.Le regard pensif larmoyant.

 

Que d'erreurs commises ! que de gachis ! Pourquoi ai-je fais le choix de m'installer en France , poursuit Moha.

 

Je dessinais déja l'avenir de ma progéniture.Je rêvais d'une tribu ou.  l'une des composantes serait avocate, l'autre médecin , l'autre journaliste , l'autre une grande personnalité , l'autre un politique , l'autre un sportif de haut niveau..Je rêvais d'une fraterie au sommet d'une pyramide portée par deux épaules.Mon épaule faiblissait.

 

Je me souviens mon frère que j'avais dit à ma campagne que je ne mettrai pas beaucoup de temps en France pour retrouver une bonne situation professionnelle et familiale.Je me donnais trois ans pour réusir , en partie ma vie ou rentrer en Algérie.

Mon souhait était d'acheter une maison avec un grand jardin..Mon souhait était d'avoir une bonne situation.Vivre dans la sérénité.Mes filles , éduquées à notre culture par leur mère , rassemblées par leur mère, comme l'a fait notre mère pour nous.

C'est les mamans qui rassemblent les enfants et s'agissant de filles , c'est à elle surtout qu'incombe la responsabilité d'une bonne éducation.C'est râté mon frère, hoche la tête Moha.

 

Le temps passé , je me voyais perdre de mon autorité de mari , de père.Je pensais dans le vide.Je travaillais dans le vide.Je me souviens mon frère . , je voulais concrétiser une partie de mon rêve.Acheter une maison pour rassembler les bribes éparpillés, résultats d'une vie déchirée.J'avais tout fait pour que la banque accepté le prêt.J'avais visité une maison sublime.Nous avions Rdv , ma campagne et moi avec la banque pour l'étape de la concrétisation.J'avais tout préparé.A l'heure du RDV , ma campagne était à 350 km, loin du domicile conjugal.Je me souviens, mon frère que quand je l'ai appelé pour lui rappeler le Rdv, elle s'est moqué de moi : arrête de jouer , m'a-t-elle dit !

Faire les démarches pour acheter une maison , donner du sens à la vie familiale , rassembler les enfants autour d'un chez soi était un jeu pour ma campagne qui ne pensait qu'au manque de moyen financier alors que je pensais à la volonté d'avancer."Hassalha Tesslek*, disait mon père ( complique les choses et elles deviennent facile à résoudre, dans le sens ou si tu t'engages dans une aventure, par la force des choses, tu trouveras une solution).

 

J'avais un projet, des projets , poursuivait moha.

 

Pour qu'un couple dure , il faut construire des projets en commun.Des projets qui lient , engagent et en même temps soudent les couples.Je n'avais aucun projet avec ma campagne et les enfants étaient livrés à la vie hasardeuse.

 

Si vous en êtes arrivés là, peut être que l'on vous a fait du "Shour", me disaient quelques proches.Moha sourit.

 

Je me suis fait du shour , au moment ou j'ai décidé de me marier sans réflechir aux conséquences du futur, poursuit Moha.

 

J'ai essayé tout au long des vingt ans passé en tant que mari et père à inculquer les principes de notre religion, continue Moha.J'ai elevé mes enfants en n'arrétant presque jamais de rabacher : trois choses . à ne pas faire : mentir , voler et rater vos études.Je relatais aux enfants les principes de notre religion dans la continuité de ce que ont fait mes parents.Moha se tait .

 

La quinte reprend le dessus , je lui verse un peu d'eau.

La mort n'est pas encore au rdv me sourit-il.

Les yeux de Moha se figent comme pour remonter le temps.La pupile gauche absorbe dans l'imahe.Moha construit la suite de son itinéraire.

 

Je n'ai jamais fait de grand Hram , me disait Moha.Je n'ai jamais bu d'alcool , ni commis d'adultère, ni voler les autres.

De toute ma vie , à part mes femmes légales, je n'ai pas commis de péché dans ce sens et je m'étonne que ma première femme et même quelques uns de mes enfants disaient le contraire, poursuit Moha.

 

Tout ce que j'ai fait , je l'ai fait en toute légalité, dans un cadre licite.A force de répéter des choses fausses aux enfants , ma première campagne leur a fait un bourrage de crane, un conditionnement ou la réalité s'est melée aux mensonges.

La caravane passe et les chiens aboient , disait on père.Je passais.

 

La caravane passe , que dis-je s'interroge Moha ?

 

Que reste-t-il à un père comme regard, comme souffle, comme soupir quand ses enfants passent devant lui sans lui dire bonjour, sans demander de ses nouvelles ?

 

Le temps passe et tout ce temps consacré à la progéniture depuis la naissance est un temps ou se figent les souvenirs, les rires , les privations , les sacrifices..On ne nait pas grand , poursuit Moha .On le devient et toujours grâce à Allah et à l'abnégation des parents.J'atteste mon frère, que j'ai mené à bien ma mission et quand le trou dévore l'embarcation , on a beau colmater les brêches mais le fond des mers aura toujours raison.

 

Sais-tu mon frère que l'âme est beaucoup plus fragile que le corps ?

 

Mon âme titube au fond des pensées .Je pense au pire .

 

Le jour ou j'apprendrais qu'une de mes filles a commis un grand péché , je la renierai, continue Moha.

Par ce geste , je veux juste rétablir les choses dans l'ordre.Mon nom est propre.Mon sang est propre et je veux que ce sang reste sans souillure.Un corps souilli est un corps rappelé à l'ordre par la conscience à tout moment.

Ma conscience est tranquille et par la puissance de mon créateur , j'atteste que ma conscience est tranquille car j'estime que j'ai fait ce que j'avais à faire.

Un père ne doit pas tout accepter.Un père dont la dignité a été froissée doit réagir .J'ai réagi.

Moha s'endort les yeux fermés.

 

Les mureaux , le 27/12/2012

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 17:31

Dans des moments de solitude , j'égrenne ma vie.

Je ne suis qu'un Moha vidé de sa séve.Je suis Moha le fou, Moha le sage.Je raisonne et je perds patience.

Je m'interroge sur la vie sybilline.Je m'interroge sur le comportement narcissique des humains.

Je me souviens de mon voisin , mort de chagrin et de solitude.Ses mots tristes raisonnent encore dans mes oreilles.

Il me racontait sa relation difficile avec son ex-femme malgré son abnégation et sa volonté affichée de rester prêt de ses enfants pour les éduquer , les socialiser.Mon voisin se heurtait à une femme narcissique qui n'aimait que sa personne.Elle poussait ses enfants à me manquer de respect , me disait il.Elle leur a appris à me détester , à ne pas répondre à mes appels téléphoniques , à mes inquiètudes.Elle leur a appris à me raccrocher au nez..Elle m'insultait de "chien" devant eux, poursuivait mon  voisin , les larmes aux yeux.

 

Mon ex-épouse , manquait de  socialisation et d'éducation, répétait mon voisin.Elle ne respectait pas son père et lui en voulait à mort.Elle le dénigrait constamment.

 

Tu sais , Moha , me dit-il.Je viens d'apprendre après vingt deux de mariage que mon ex-épouse raconte que son père l'avait marié de force avec moi.Pourtant , par Allah , le jour ou je l'ai rencontré avant la Fataha , je lui ai demandé si son père l'a forcé à se marier et si c'est le cas , c'est moi qui se rétracterai en prétextant que tu ne me conviendrait pas.Mon ex-épouse manquait de courage, comme dans sa nature.Elle m'a assuré que non.Qu'elle souhaitait se marier et j'ai demandé sa main.Vingt ans après , j'apprends des choses ahurissantes.

 

Quand on ne sait pas respecter son père , on ne peut demander à ses enfants de respecter leur père.Le mal vient de là.Les enfants grandissent mal élevés, cher Moha.

 

Sais-tu mon ami , me disait le voisin ! Ma mère, me répétait souvent que les filles ne peuvent être éduquées que par leur mére.Elle les éduque sur la voie de la sagesse ou de la haine .C'est la mère qui rassemble ses filles, qui les socialise , qui leur apprend le respect des autres, leur apprend à ne pas s'approprier les biens des autres, à être digne , respectueux des valeurs , ne pas fumer , ne pas fréquenter les garçons , ne pas sortir la nuit , s'habiller décemment , à ne pas hausser le ton , à parler avec douceur ..une mère est la source de l'éducation , cher Moha.

 

Je suis blessé mon cher ami, me répétait Moha.

Que reste t-il à un père qui est insulté par ses enfants ?

Que reste-il à un père qui fait de son mieux pour ne pas fuir malgré le non respect de ses enfants.

Que reste-t-il à un père que l'on traite de tous les noms .

Venant de filles , la blessure ne peut être que douloureuse et profonde, cher Moha.Je saigne.

 

Sais-tu mon cher Moha , mon père m'a toujours frappé , m'a toujours malmené.C'était sa façon de m'éduquer.

Presque adulte , à l'age de 19 ans , je recevais des corrections pour des petites bétises et je ne rétorquai jamais à mon père.Je n'osais même pas lever les yeux sur lui.Je ne lui avais jamais manqué de respect.

 

Mes enfants , cher Moha , m'ont éclabousé de boue, de mots malsains et de maux aigus.Je saigne.

 

Et j'ai pris mes responsabilité , cher Moha, poursuivait mon voisin.

 

Je leur pardonnais à chaque manque de respect, je courrais derrière eux , je composais avec elle , car j'avais toujours ce sentiment de culpabilité qui se bousculait dans ma pensée : le divorce entre mari et femme ne doit pas affecter les enfants.Les enfants ne doivent pas être triste à cause de cela et c'est pour cette raison que j'ai pris la décision de ne pas fuir , de rester à les élever, à les éduquer , à leur donner la sécurité de la présence de la mère et du père.A être là!mais quand tu as en face de toi , une mère haineuse  qui bouillonne de méchanceté gratuite , de manque de lucidité ,d'inconsience , qui ne voit que son intérêt , tout ce que tu pourras faire , ne subsiteras face à des comportements irresponsable.

 

Cher Moha, il m'arrivait de prendre le téléphone et d'appeler mes enfants plusieurs fois dans la journée.J'appelai les petites, qui abondonnées à leur sort, devant la télé, des heures et des heures , pour remplacer un peu leur mamam à distance, question de leur conseiller de faire les devoirs, de ne pas se "chamailler" .Je devine le regard de mes petites filles devant leur téléphone.Elles savent que c'est papa qui appelle et face aux ordres abberrants de leur mère, elles n'osent pas décrocher , par peur qu'elle leur casse le téléphone comme c'est déja arrivé, par peur de déclencher sa colère;;par peur de ...

 

Cher Moha, la fuite m'a effleuré l'esprit.Dois-je épargner aux filles le calvaire d'être réprimandé à cause des mes appels?Dois-je céder aux caprices ennuyeux ,à la haine vive et débordante de leur mère?

oh combien de fois , j'ai souhaité démissionné et les laisser vivre tranquillement sans qu'ils soient "punis" par leur mère à cause de mes appels.

Sais-tu cher Moha, mes enfants n'ont pas le droit de prononcer mon nom devant leur mère.Quelle déchéance.

Une mère vile à ce point , mérite-t-elle le respect ?

 

Ces dernieres temps , j'entends les refrains..J'entends beaucoup de refrains du passé auxquels j'avais une réponse mais je n'osais pas par "fierté" y répondre.

J'avais entendu qu'a une époque ou une de mes grandes filles vivait avec moi que je la laissais crever de faim!

Par Dieu que ces enfants sont ingrats , cher Moha.A cette époque , j'avais fait l'objet d'une saisi judiciaire.Je n'avais pas d'argent.Mon compte était vide.Durant plus de trois mois , mon salaire payait une partie de cette saisie.mes collègues me dépannaient avec quelques euros.Je n'avais pas de quoi acheter à manger.J'étais même fiché à la banque et le peu que j'achetais quand je faisais des courses, j'empruntais de l'argent à mes collègues.Mes enfants répétait que je les laissais mourir de faim alors qu'il y avait des pâtes, du riz et de quoi faire à manger.il y avait de quoi faire le bonnheur d'un Africain qui n'a pas mangé durant plusieurs mois..

 

Voilà cher Moha , les bribes d'une vie qui a laissé des séquelles dans mon aorte !

 

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 06:20

Moha se lève en titubant.Son regard est vague.Il regarde l'ordinateur resté allumé toute la nuit.

 

Je suis resté éveillé toute la nuit à lire des messages de haine sur les forums , me dit-il.

 

Un message a retenu particulièrement mon attention .Je ne comprends pas cette haine développée par les enfants envers leurs parents, explique-t-il.Une haîne avérée pour avoir reçu une claque du père.

Moha secoue la souris de son ordinateur et me lis un message :

 

<Je déteste mon père, je ne suis pas trop fière de le dire mais  je ressens envers lui  de la haine, du dégout et de la colère, et si je ressens tout ca envers lui c'est pour pleins de raisons. Je ne l'ai pas revu depuis mes 15 ans cela  fait maintenant 10 ans. Aujourd'hui ,il est gravement malade.Il a un cancer et les médecins disent qu'il lui restent quelques mois à vivre, et cela ne me touche pas. je cherche dans mes souvenirs d'enfance les plus profondes un moment d'amour paternel pour lui éprouver la moindre affection,mais je ne trouve que l'image d'un père alcoolique et violent ..>

 

Je suis sidéré repéte Moha.Quelques larmes imbibent ses yeux.

 

Mes grands enfants me vouent la même haine alors que je les ai couvert d'amour et de tendresse.Elles rejetent tout l'amour que j'ai semé en elles et allument  leur haine en commençant par le  regard méchant , criblant et des mots blessants.

 

Comment peut-on détester son père , s'interroge Moha.

 

J'ai été beaucoup frappé par mon père  dans mon enfance.Mon père était du type coléreux, qui ne pardonnait rien.Il lui arrivait de me ligoter et me laisser passé la nuit sur la terrasse, sous le regard angoissant de ma mère.Je n'avais pratiquement droit à rien.ni cadeau d'anniversaire, ni argent de poche , ni sortie en famille , ni une petite embrassade , ni étreinte, continue Moha.Malgré tout cela , je ne lui voue aucune haîne.Je n'ai jamais,pensé me plaindre à quelqu'un d'autre juste pour ne pas salir son image, sanglote Moha.

 

Mes souvenirs s'effondrent et dans mes pensées se bousculent la colère, la tendresse et les mots blessants de mes enfants, dit Moha.Je ne suis qu'un loque humaine , trainant des mots douloureux.

 

La haîne se cultive et seule une mère peut la semer chez ses enfants, telle une pousse qui grandit en ligne brisée.

 

Malgré ma dure enfance , les colères de mon père , les gifles et les corrections qui m'ont été infligées par mon père , je ne garde aucune haîne à son égard.Ma mère a fait son travail.Elle nous a appris , à mes frères et à moi , l'amour du paternel.J'aime mon père.J'aime mon père et je ne lui voue aucune haîne.Je continue à lui demander pardon , à embrasser sa tête , continue Moha.

 

Sais-tu , mon ami , me dit Moha ? Je n'ai jamais hausser le ton devant mon père.Je n'ai jamais répondu à sa colère.Je ne lui ai jamais manqué de respect.Je ne l'ai jamais blessé.Je n'ai pas en mémoire , un regard méchant ou haîneux envers lui.

 

Sur ce forum , mon ami , j'ai apprécié l'honneteté d'une fille , devenue mère et qui en répondant à ce message haîneux envers un père avait relaté sa vérité.

"J'avais la même haine que toi, répondait cette dame.Je n'avais que 20 ans.Je cherchais à partir de chez moi.J'étouffais et je cherchais un bouc emissaire, mon père.Ce père qui nous élevait  mes deux soeurs et moi juste aprés la mort de ma mère.Qui faisait de son mieux pour gérer la maison , s'occuper de mes petites soeurs, les coiffait , les laver , changer leur lit , nous faisait à manger ..C'est quand tout le monde est au lit , qu'il se mettait à préparer son travail pour demain.Il se couchait vers minuit et se levait trés tôt et moi , à hauteur de mes 18 ans , j'étais collé au miroir , je me "fouttais" de ce qu'il endurait.Je ne pensais qu'a moi et rare sont les fois ou je me proposais pour l'aider à préparer mes soeurs.Je me réveillais tard.Je tournais en rond et il ne comprenait pourquoi, malgré sa patience, je continuais à le hair.Je me suis barré de la maison, pretextant qu'il ne voulait pas de moi.J'ai connu les affres car je ne supportait pas son autorité.Mon père est mort , affecté par les charges de la vie et mes petites soeurs me regardent comme si j'étais la cause car il misait un grand espoir sur moi.La petite de mes soeurs a subi aussi les colères de mon père , dépassé par les évenements , par sa préoccupations à nous aider à faire des études longues , à nous aider à sortir d'une future misère.Ma petite soeur n'était pas centré sur son égo.Elle était patiente.Elle comprenait les endurances de mon père , sa nervosité , sa préoccupation , sa fatigue.Elle avait compris à la hauteur de ses 16 ans que c'était un être humain qui subissait les affres de la vie, que son intention était bonne , que son souhait était que nous restions unis.Ma petite soeurn avait compris que mon père n'a jamais souhaité la chasser de la maison malgré ses colères .Ma petite soeur faisait preuve d'empathie à l'égard 'un père malheureux qui voulait construire sa vie lui aussi car il en avait droit.Un père qui avait consacré trente année de sa vie à nous élever.Un père que je n'avais su comprendre car je voulais vivre ma vie égoistement.Un père abimé par le temps, par les regrets et par les malheurs qui ont transcendé sa vie.Un père qui essayait de nous donner de l'amour malgré le dessus que prenait la vie sur son sort.Un père blessé , meurtri par les mots que je lui asséné.Je le sais maintenant , car mes enfants me font la même chose.Ils ne me respectent pas leur père, ni moi car je ne savais pas comment leur apprendre à respecter leur père , à me respecter.Je pleure et mon père me manque.J'aurai aimer lui dire : papa, apprend moi à te respecter, apprend moi à me faire respecter par mes enfants.Sois colèreux ! j'aimerai ta colère.Je t'aimerai tel que tu es.Pardonne moi papa.

 

Moha pose sa tête sur l'oreiller humide et s'endors .

 

Les mureaux , le 13 Novembre 2012.

 

 

 

 

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 22:01

J'étais mort dans mon rêve.

 

Mes yeux dévorés par le temps et mon crane jonchait le sable.Je marchais.

Dans un coin d'une maison , mes deux filles lavaient le linge.Je me posais des questions.

Moha reprend ses esprits.Oui , me dit il c'était mes deux grandes filles.La grande continuait à laver le linge et la deuxième, à mon approche s'est faufilée pour m'éviter.

 

Ce rêve me fait peur, précise Moha.Il y avait une sorte de vérité dans ce songe.

Le linge est synonyme de problémes , me dit il.Ce n'est pas tant les problèmes que je crains mais le regard haineux de ma progéniture.

 

Sais-tu qu'il m'arrive de pleurer dans mes rêves , sanglote Moha ?

Oui , je pleure et je me surprends entrain de hénnir , enfermé dans une étable barreaudée.

 

J'ai peur de la nuit , mon ami, j'ai peur de la nuit.

 

Le dos courbé , Moha apprivoise sa maladie.Son épouse déverse des larmes.

 

Ne t'inquiète ma chère épouse , séche tes larmes et continue tes prières , lui demande Moha.

 

Je ne peux me lever et je n'ai pas envie de prier assis , chère épouse.Fais le pour moi.Récite quelques versets et supporte mon humeur désagréable.Moha ferme les yeux.

 

Je vois des anges , dit-il à sa femme.Je vois des oiseaux me picorer la tête et je vois ma mère, les bras ouverts m'attendre au seuil de la porte de notre maison en Algérie.

 

Ya ma* !  Tu es là , demande Moha ?

 

Etreigne moi  Ya ma , j'ai froid !

 

Te rappelles-tu Ya ma mes rêves ? Je voulais des enfants à ton image ! Des enfants doux , calins ..Je les voulais sémillants , concrétisant mes rêves ...Je les voulais érudits ..Je leur avais donné des prénoms de fierté , de lueur , d'espoir, d'altruisme , de gloire et de paix.

 

Une quinte réveille Moha.Ses mains tremblent .La maladie reprend.

 

Enveloppe moi dans tes bras ,chère femme et ne pleure pas ! Je ne mourrais pas cette fois-ci.

 

La crise s'accentue.Les pleurs de la femme de Moha se mélent au silence de la nuit.Une nuit terne.

 

M'entends-tu Ya ma ? Moha délire.

M'entends-tu Ya ma ? Les larmes se croisent sur les lèvres de Moha.

 

Je n'ai que la cinquantaine Ya Ma ! Pourquoi , pourquoi ?

 

Je n'ai vécu que pour  voir réussir mes enfants ..Je n'ai vécu que pour donner de l'amour à mes enfants.

 

Les mains de Moha tremble , la crise s'amplifie .

 

Ne pleure pas chère épouse ! Toi , tu m'as aimé sans contrepartie..Tu m'as aimé moi , qui n'a rien à t'offrir d'autre que l'amour que tu m'as porté..Tu as aimé mes parents , tu as aimé mes frères , tu as aimé ma soeur ..Tu n'as jamais manqué de respect à ma famille , ni à moi .Tu iras au paradis chere épouse.

 

Je me souviens des quelques mots que t'as glissé mon père quand nous tournions autour de la Kaaba..Je me souviens de toi enveloppant ma mère quand elle arpentait le petit mont menant à la mosquée du prophète à Médine.

Je guettais tes sourires adressés à ma mère fatiguée par le voyage.J'observais ta bienveillance envers mon père , alité dans cet hotel à la mecque.J'ai vu mon père te gratifier d'un sourire quand tu l'as couvert pour qu'il s'endort !

 

Chère épouse ! Je revois les images de nous deux  émerveillés devant la tombe de Hamza !  Je revois tes larmes à la sortie de chaque prière et ta joie d'avoir vu la tombre de notre prophète.

 

Peux-tu m'emmener à la mecque après ma mort ? La crise s'accentue .Moha n'est qu'un amas de douleur.

 

Je n'aime pas la nuit , chère épouse ! Mais j'aime quand tu t'arranges pour que les petites ne soient pas affolées quand ma maladie reprend le dessus..Que Dieu te récompense.

 

 

Ya ma ! que reste-il à un homme qui perd sa dignité , blessé par les insultes de sa progéniture ?

 

Je te promets chère épouse que si cette nuit , la mort  aie pitié de mon existence , j'irai à la rencontre des gens.Je les supplierai de m'insulter.Je les payerai pour me haîr .Je quémanderai leur méchanceté .Je demanderai à ce que m'on traite de tous les qualificatifs salissants.Ils auront tous les droits car ils me sont étrangers.Je ne me sentirai pas blessé.

 

Les lèvres de Moha tremblent.

 

Prend le livre et récite moi le verset  Coranique sur les parents , chère épouse .

 

Récite le à haute voix.

 

"Ton Seigneur a ordonné de n'adorer que Lui.
Il a prescrit d'être bon envers ses père et mère.
Soit que l'un d'eux ait atteint la vieillesse, ou que tous deux y soient parvenus, étant à ta charge,
garde-toi de marquer la moindre répulsion à leur égard ou de leur manquer de respect.
Parle-leur toujours affectueusement.
Fais preuve, à leur égard, d'humilité pour leur témoigner ta tendresse
et dis: Seigneur ! Aie pitié d'eux comme ils l'ont été pour moi, lorsqu'ils m'élevèrent tout petit.

 

Moha sourit à sa femme.

 

Ya Ma ! Je n'arrive pas à évacuer de ma mémoire une phrase assassine de mon ex-épouse.

Une phrase qui me rendait responsable de la naissance d'une fille au lieu d'un garçon.Pourtant , j'ai toujours respecté la volonté de Dieu et je n'ai jamais exigé d'avoir un garçon.Mes filles me suffisaient et les avoir à coté de moi me comblait.Mes filles étaient mon chemin menant vers le paradis.

 

L'horloge appelle à la prière.

 

La douleur de Moha s'accentue.

 


 

Mantes , le 30 Octobre 2012

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 17:22

 

Octobre.Une quinte triste réveille Moha.Ce mois , la lune s'enveloppe de draps noirs.

La toux réveille les souvenirs.Moha se frotte les yeux et écarquille sa mémoire.

Les années défilent et l'ingratitude des enfants avec.

 

Le troisième arbre se plie .Moha n'est qu'un amas souillé par le manque de respect.

 

Tout ce que j'ai fait , se dit-il , n'a servi à rien ! Tout l'amour que j'ai porté à mes enfants , se traduit par une haîne.

Dans mes moments de détresse , l'homme fragile que je suis , n'a pas droit à l'erreur !

 

Tu sais , ma fille , soliloque Moha en regardant une photo accrochée dans sa chambre :

Mon père n'a pas été tendre avec moi .Il ne m'a pas porté l'amour que je vous ai porté mais je ne lui ai jamais manqué de respect.Dire à mon père qu'il ne sert à rien m'aurait valu le renvoi de la maison..Dire à mon père qu'il pue , m'aurait valu le renvoi de la tribu et dire à mon père qu'il est un "taré" m'aurait valu l'exil dans le monde de  la honte .

 

La mère est le socle de l'éducation chez les arabes.Ma fille , vous manquez d'éducation ! L'irrespect a commencé à partir du moment ou vous raccrochiez le téléphone au nez de votre père.L'irrespect a commencé au moment ou vous vous construisez dans le mensonge.

 

Dans mes prières , j'implore Dieu de ne pas vous vouer à la même éducation que votre mère ! l'éducation de la haine , de l'égoisme...Votre père pleure.

 

Octobre.Un mois désastreux , froid et sinistre.Octobre le mois des seismes.

 

Pourquoi , n'ai-je pas droit à la colère , se lamentait Moha ?

Pourquoi , dois-je céder devant le mensonge de mes filles ?

Pourquoi tiennent-elles toujours à braver mon autorité ?

 

N'ais-je pas moi aussi , l'être humain fragile droit à la colère ?

N'ais-je pas le droit d'enterrer vingt années de malheur ?

 

Dans un silence noir et froid , Moha déverse des larmes.Aujourd'hui c'est L'Aid et aucune  des victimes d'octobre n'a daigné me souhaiter AID MABROUK !

 

Les averses tambourinent les carreaux de la cellule de Moha.La buée couvre la vue.

 

Avec le petit doigt , Moha grifonne sur les carreaux quelques douleurs:

 

N'approchez pas de mon ombre flottante ! Vos pas assourdissent ma pensée et j'entends vos vociférations , votre haine , vos dénigrements dans une caverne vacarmeuse..J'entends vos voix portées par le vent ..J'entends vos insultes..j'entends votre désobeissance , j'entends votre fuite , j'entends vos mensonges et je vois une dame , petite de taille , le regard perçant  , arracher des morceaux de chair fraiche de mon corprs frêle et se délecter les yeux souriants.Je saigne.

Mon sang déborde de ma tombe.

Des oiseaux au plumage noir sombre envahissent mes pensées.

 

Ma fille ! Moha est un cadavre ensanglanté.Ton père est un corps qui séche de jour en jour.

 

La soixantaine, la vieillesse loge mon aorte et dessine sur mon visage un long chemin sinueux. 

 

Ma fille ! Que reste-t-il à un père criblé par les mots et les maux ?

 

Mantes la ville , le 28 Octobre.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 19:26

 Moha , un homme affable déverouille ma pensée.Sa tristesse m'interpelle.Dans ses yeux, s'entassent l'inquiètude.

"Ils sont tous partis , me dit il...Oui, tous partis, tous sortis de la maison, sans ma permission.

Sais-tu que ma femme est morte de chagrin, me répéte-t-il ?

Je n'avais pas de réponse.Nos pensées se croisent.Je souris à mon voisin.

La grande est partie de la maison parce qu'elle étouffait, me dit-il.Elle voulait faire sa vie par elle même, mais c'est ma faute , mon frère , c'est ma faute..Je n'aurais jamais du sortir de mon terroir..

Ce pays avale les cultures et les traditions et l'autorité parentale, le respect des parents n'est que chose subsidiaire..

 

Mon fils est aussi parti, tiré par le cou , tel un  chien docile et je n'ai rien fait mon frère !

 

Suis-je maudit à ce point ? J'ai demandé à l'imam : pourquoi, en essayant de construire nos enfants, ils se démolissent?

 

L'imam est un jeune , me dit Moha.Il ne connait pas les affres de la vie maritale.Je souris..

 

    Moha enlace mon épaule d'une étreinte sincère.Tu sais m'écouter, me consoler , me dit-il !

 

Oui, dis-je !

 

Ma pensée rebrousse son chemin .Les rêves s'écroulent !

 

Moi aussi , dis-je ! moi aussi :

 

Vous aussi, quoi me questionne Moha ?

 

Les larmes soulèvent la première pierre de mon chagrin .

 

    Moha poursuit sa décompression :

 

Ma deuxième fille est partie aussi.Dois-je renier mes filles ?Je ne sais , si elles vivent dans le licite ou dans le péché?

Ma deuxième fille me reprochait entre autre de ne pas la nourrir , de ne pas la vêtir..Cette année là , c'est vrai , je n'avais pas assez de moyen..Sur mon salaire , les impots prélevaient les arrièrés et les pénalités.Il ne ne restait même pas de quoi payer le loyer.Même les loyers étaient en retard.Comment s'est arrivé ? Je ne sais pas mon ami !  Je croyais faire mes déclarations d'impôts normalement et v'lan ! Je croulais sous les dettes.Les crédits que j'avais avant mon divorce.Je n'avais pas les moyens de tout acheter , voire d'acheter.Heureusement que mes collègues qui connaissaient ma situation étaient là ! Moi, je ne mangeais que le soir !Etait-il souhaitable d'évoquer cette situation avec ma deuxième qui était déja en mode de conflit ?Je n'ai pas jugé utile de remplir sa tête, déja psychologiquement affectée par le divorce.Laissons le temps au temps..

Ce qui me chagrine le plus mon ami , c'est que personne ne comprenait que moi aussi , le père de cinq filles , aprés vingt deux années de vie maritale pourrie , que je suis aussi affecté psychologiquement.. A qui le dire ? A mes enfants ? Tu parles , mon ami !

Moi , le père affecté par un grand échec dans ma vie, par un divorce forcée, amorphe , je devrais composer ..Je n'avais pas le droit de m'énerver , de crier ...Pourquoi ?

Pourtant , Dieu sait mon ami que je ne voulais que mes filles partent..J'ai courru aprés les deux pourtant! Je n'ai jamais pensé que la deuxième quoiqu'il arrive quitterait le domicile, même si je dois lui arracher les dents..Je pensais qu'elle était comme moi..Quand mon père me frappait , je retournais le soir dormir à la maison comme si rien n'était.J'avais tout faux !

Mon esprit se torture tous les jours et je souris , le soir, à l'idée de me "réveiller" , le matin , reposé, mort et enterré .

 

Je contemple le visage de mon voisin .Je me vois , le visage creusé, une vie fissurée, des années passée à rêver de faire de mes enfants, la meilleure progéniture.Au moindre altercation, la tendresse s'effritte, les mains se baissent et les mots chargés de maux fusent, m'arrachant de ma vie sybilline..

 

Tu sais, mon frère , poursuivit Moha .Je ne levais pas les yeux sur mon père et les seuls fois ou j'ai corrigé l'insolence de mes enfants, les montagnes se sont écroulés et le ciel s'est penché sur ma tête , étalant devant mon corps , de l'ingratitude.De l'amour, j'ai beaucoup donné à mes enfants et c'est en "insultes", en insolence qu'ils me le rendent..Je suis triste mon ami.

 

Les larmes de mon voisin sillonne ma pensée.Je regarde le ciel et je m'éteins.

 

Le 04 Juin 2011

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