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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 07:48

Après quelques tentatives en prose, je m'initie à la nouvelle ..Que votre indulgence accompagne les lignes de cette première nouvelle fiction.

 

 

Tristes soliloques.

 

Il régne une mélancolie.Je scrute les photos de mes petites anges.Le sourire de Majdouna entre en moi par petits morceaux.Je me redresse au regard joyeux de Selmouna.Je la vois bouder.Je dépose une bise sur sa joue.

 

Les rêves se bousculent dans ma pensée.Une ombre m'interpelle.Je me vois, adossé à un mur délabré, construire le futur de ma progéniture.L'une sera avocate et la deuxième journaliste.Je posais la première pierre boule de neige.J'en fais le serment.J'occultais le fatalisme qui crispais la structure de ma socialisation.Le destin ! Très jeune, je me posais la question  peut-on lui jouer des tours ? Peut-on le détourner de son itinéraire ?Peut-on le pièger ?Je soliloquais.

 

Kateb passait par là.Ses poèmes que je sirotais comme l'on sirote le café du matin , agissait comme un antitussif.Les poèmes de Kateb Yassine habitaient le centre de ma terre d'espoir.Mes filles feront la fierté de ce père pays, qui de conquête en conquête, élargissait son territoire..

 

Et les mots de Kateb tombent comme des grelons sur ma mémoire fragile .Je récitais :

 

Bonjour mes horizons lourds,
Mes vieilles vaches de chimères :
Ainsi fleurit l'espoir
Et mon jardin pourri !
- Ridicule tortue,
J'ai ouvert le bec
Pour tomber sur des ronces

 

Ma vision bancale sème les épines dans mon chemin.Je m'interroge.Pourquoi ai-je quitté les murs délabrés de ma ville natale pour suivre un rêve décomposé?

 

Le fatalisme reprend le dessus.Il atténue la douleur de mes pensées.

 

Il régne un silence mélancolique et dans ma pensée se bousculent les caravanes de Baghdad.

 

Les couleurs de la chambre de mes anges introduit une lumière dans ma cage.Je hume l'odeur du reste de la tribu.Je remercie Dieu.Je souris par intermittence.Mes nuits sont plongées dans l'inquiètude.Je me recroqueville comme une mère attendant que l'on frappe à la porte, une mère qui reconnait la main tambourinant en douceur  la porte.Une mère qui se lève hâtive , ouvrir grandement la porte et ses bras.Une mère qui défére l'inquiètude au lendemain.Pourquoi ne suis-je pas une mère?Pourquoi suis-je un père le jour et une mère la nuit?

 

Ma mémoire secrète des images de terreur.Des corps jonchant le sol, des enfants en guenilles en pleurs, des orphelines perdues dans les méandres de la bétise.Mon quartier brûlait.Les hommes disparaissaient comme de simples objets.Je me réveille pour couvrir mes anges.Les draps bien pliés me rappellent à l'ordre.Je vis au rythme de l'alternance.Je vis une semaine sur deux.J'ai apprivoisé l'inquiètude mais elle se niche toujours dans les points névralgiques de ma mémoire.

 

Kateb traverse ma chambre.

 

Bonjour ma vie
Et vous mes désespoirs.
Me revoici aux fossés
Où naquit ma misère !
Toi mon vieux guignon,
Je te rapporte un peu de cœur

 

Je me consume à la vision du futur.Les bras croisés j'avance à pas cadencés.Je regarde les arbres défiler  derrière la vitre du train.Je me vois prendre dans mes bras mes deux grandes filles et arpenter les impasses de ma ville natale.Les enfants ne devraient pas grandir, écrivais-je sur le front de ma pensée.Je soliloque.

 

Nejma, celle que vénère Kateb traverse mon ciel.Elle n'a pas brillé pour moi.Sa bigarure , fruit de mes rêves s'enfonce dans les ténébres.Je voulais une vie paisible.Une large  embarcation qui résiste aux eaux tempétueuses.J'entends encore le défunt Mahmoud Darwich récitait le poème de l'amour, l'ode à la terre.Nejma passe son chemin.J'ouvre mes yeux.Nafoua , la fleur qui porte mes traits dépoussière ma mélancolie.Son rire traverse ma mélancolie et plante une fleur au seuil de mon hiver.Je souris.

 

 

 Kateb frappe à ma porte :

 

Je ressens mieux l’oppression universelle

Maintenant que le moindre mot pèse plus qu’une larme

Je vois ce pays et je vois qu’il est pauvre

Je vois qu’il est plein d’hommes décapités

Et ces hommes je les rencontre un à un dans ma tête

Car ils sont devant nous et le temps nous manque pour les suivre

 

Je suis un cadavre encerclé.J'avance à pas fébrile.

 

Derrière la réussite d'un homme il y a une femme qui veille , disaient les sages de ma ville.Nejma ne brille plus.Mon rêve se consume avec la première braise.Mes jambes ne supportent plus le poids de ma certitude.Je vois passer en un clin, vingt printemps sombrer dans la désuètude.Mes larmes noient ma pensée.Ma mère m'enveloppe de son regard tendre. 

Suite....

 

Mantes , le 13.02.2009

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 11:35

Paroles parmi les paroles passagères, poème de Mahmoud Darwich
Lu par M.Alioui meeting pour Gaza
Merci à Hichem pour le montage (excellent)

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 20:25

L’attente

 

A mon frère Habib,disparu dans la tornade qui consume mon jardin.

 

 

Il me pousse sur le corps

Quantité d’épines

Des cocons de chrysanthèmes

Des ruches de chagrin.

 

Je ne plierai pas mon attente

Car,j’entends ta voix

Frayant une voie

Dans l’odeur de la poudre.

 

J’entends ton chant

Qui m’arrive porté par le vent

J’entends tes prières

Quand ta mère scrute le sous-verre

J’entends ton silence

Braver l’abrupte fin du printemps.

 

Je ne plierai pas mon attente

Car , je te vois souffrir

Quand le bourreau peint l’angoisse

Sur nos sourires

Et quand l’té térébrant consume

Nos ramures

 

Je ne plierai pas mon attente

Ni devant le feu et sa véhémence

Ni quand il biffe notre quintessence

Ni quand brûle notre intumescence

 

Pourtant…Tout a brûlé

 

Sauf  ton acte de naissance.

 

Mohamed Alioui

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 20:07


NIZAR kabani
envoyé par medal48

Poème de Nizar Kabani en arabe (lu par M.Alioui)
Montage :ass Terps
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 19:57
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 10:05

Texte écrit en hommage à Mahmoud Darwich



par M.Alioui
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 08:22

Incarcéré à l’age de 22 ans pour poésie trop nationaliste, il rédige ce poème suite à l' interrogatoire d’identité à la prison de St Jean d'Acre

Écrit en 1964, ce célèbre poème, est devenu comme un refrain magique enflammant les cœurs et déchaînant les sentiments de fierté et d'enthousiasme des Palestiniens.

Mahmoud DARWICH est souvent interpellé, lors de ses récitals, par un public qui le lui réclame et voit en lui plus un prophète qu'un poète tout simplement... Mais à chaque fois, il refuse, préférant lire ses nouveaux poèmes
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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 07:40

Au heurt de nos regards

Tes vagues bleues

Chavirent ma barque

Je me débat

Je me noie

Et au réveil

Mon corps flottait sur une larme.

 

M .Alioui

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 07:23

 

A celle qui a érigé sa mosquée au seuil de notre porte.

 




Une nuit

Ta prière frappe à ma porte

Me prête sa selle

Une lune !

 

J’ai chevauché les sept cieux

Partout sèment tes yeux

Veillante sur mon étoile

 

Tu dors

Blottie contre un absent

Tu racontes

Nos pouilleries scrofuleuses

Nos bourrasques

Ton endurance

Et ta vie tumultueuse de femme

Condamnée à l’inquiétude

 

Tu dors

Je me faufile dans ton rêve

Tu dis

L’absent est un mort

Il apparaît je pleure

Il disparaît je pleure.

 

Je me faufile dans ton sourire

Je heurte ta douleur

Enfouie dans tes mots sublimes

J’ai lu tes prières

O comme me manque ta fontaine !

 

Mohamed Alioui


 
*mère en arabe dialectal Algérois

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 15:42

Merci à Siham de Terps pour le montage ( La vidéo correspond !!Bravo !)
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