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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 19:26

 Moha , un homme affable déverouille ma pensée.Sa tristesse m'interpelle.Dans ses yeux, s'entassent l'inquiètude.

"Ils sont tous partis , me dit il...Oui, tous partis, tous sortis de la maison, sans ma permission.

Sais-tu que ma femme est morte de chagrin, me répéte-t-il ?

Je n'avais pas de réponse.Nos pensées se croisent.Je souris à mon voisin.

La grande est partie de la maison parce qu'elle étouffait, me dit-il.Elle voulait faire sa vie par elle même, mais c'est ma faute , mon frère , c'est ma faute..Je n'aurais jamais du sortir de mon terroir..

Ce pays avale les cultures et les traditions et l'autorité parentale, le respect des parents n'est que chose subsidiaire..

 

Mon fils est aussi parti, tiré par le cou , tel un  chien docile et je n'ai rien fait mon frère !

 

Suis-je maudit à ce point ? J'ai demandé à l'imam : pourquoi, en essayant de construire nos enfants, ils se démolissent?

 

L'imam est un jeune , me dit Moha.Il ne connait pas les affres de la vie maritale.Je souris..

 

    Moha enlace mon épaule d'une étreinte sincère.Tu sais m'écouter, me consoler , me dit-il !

 

Oui, dis-je !

 

Ma pensée rebrousse son chemin .Les rêves s'écroulent !

 

Moi aussi , dis-je ! moi aussi :

 

Vous aussi, quoi me questionne Moha ?

 

Les larmes soulèvent la première pierre de mon chagrin .

 

    Moha poursuit sa décompression :

 

Ma deuxième fille est partie aussi.Dois-je renier mes filles ?Je ne sais , si elles vivent dans le licite ou dans le péché?

Ma deuxième fille me reprochait entre autre de ne pas la nourrir , de ne pas la vêtir..Cette année là , c'est vrai , je n'avais pas assez de moyen..Sur mon salaire , les impots prélevaient les arrièrés et les pénalités.Il ne ne restait même pas de quoi payer le loyer.Même les loyers étaient en retard.Comment s'est arrivé ? Je ne sais pas mon ami !  Je croyais faire mes déclarations d'impôts normalement et v'lan ! Je croulais sous les dettes.Les crédits que j'avais avant mon divorce.Je n'avais pas les moyens de tout acheter , voire d'acheter.Heureusement que mes collègues qui connaissaient ma situation étaient là ! Moi, je ne mangeais que le soir !Etait-il souhaitable d'évoquer cette situation avec ma deuxième qui était déja en mode de conflit ?Je n'ai pas jugé utile de remplir sa tête, déja psychologiquement affectée par le divorce.Laissons le temps au temps..

Ce qui me chagrine le plus mon ami , c'est que personne ne comprenait que moi aussi , le père de cinq filles , aprés vingt deux années de vie maritale pourrie , que je suis aussi affecté psychologiquement.. A qui le dire ? A mes enfants ? Tu parles , mon ami !

Moi , le père affecté par un grand échec dans ma vie, par un divorce forcée, amorphe , je devrais composer ..Je n'avais pas le droit de m'énerver , de crier ...Pourquoi ?

Pourtant , Dieu sait mon ami que je ne voulais que mes filles partent..J'ai courru aprés les deux pourtant! Je n'ai jamais pensé que la deuxième quoiqu'il arrive quitterait le domicile, même si je dois lui arracher les dents..Je pensais qu'elle était comme moi..Quand mon père me frappait , je retournais le soir dormir à la maison comme si rien n'était.J'avais tout faux !

Mon esprit se torture tous les jours et je souris , le soir, à l'idée de me "réveiller" , le matin , reposé, mort et enterré .

 

Je contemple le visage de mon voisin .Je me vois , le visage creusé, une vie fissurée, des années passée à rêver de faire de mes enfants, la meilleure progéniture.Au moindre altercation, la tendresse s'effritte, les mains se baissent et les mots chargés de maux fusent, m'arrachant de ma vie sybilline..

 

Tu sais, mon frère , poursuivit Moha .Je ne levais pas les yeux sur mon père et les seuls fois ou j'ai corrigé l'insolence de mes enfants, les montagnes se sont écroulés et le ciel s'est penché sur ma tête , étalant devant mon corps , de l'ingratitude.De l'amour, j'ai beaucoup donné à mes enfants et c'est en "insultes", en insolence qu'ils me le rendent..Je suis triste mon ami.

 

Les larmes de mon voisin sillonne ma pensée.Je regarde le ciel et je m'éteins.

 

Le 04 Juin 2011

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